Nuit troisième
Si toi un jour tu m'alchimisais
Je pourrais te liquider la dette
Que j'ai avec l'univers
Dans le feu où tu me transformerais
Serait l'eau où je m'en viendrais
Au-dedans de ton vers
Que soit une forêt entière à brûler
Et le cri le plus pur phonème
De tout ce qu'il y a à dire
Dans la pierre philosophale du poème
Si toi un jour tu m'alchimisais
Au-dedans de ton four secret
Moi je serais à peine le vent
Et l'air que tu respirerais
Est tout ce que je deviendrais
Dans le tourbillon que je t'invente
Que soient les hurlements de la terre
Te concevant dans le ventre la gemme
Et le déluge qui enserre
Que ma bouche le boive en un seul poème